Liaisons ferroviaires internationales

au départ du Grand Genève

La lente mais régulière disparition des liaisons internationales ferroviaires au départ de Genève (sauf pour Paris et Venise).

L’urgence climatique et notamment les manifestations des jeunes ont remis d’actualité la nécessité de favoriser les déplacements en train pour les déplacements courts au détriment de l'aviation. Des écoles, des universités, des administrations ont fixé des limites kilométriques quant à l’utilisation de l’avion : 800, 1000 ou 1200 km.

A priori, c’est une bonne idée. Toutefois, la tendance ferroviaire internationale va dans le sens contraire.

 

On peut craindre un désenchantement des personnes qui vont changer de l’avion vers le train : coût, absence de liaisons internationales directes (sauf Paris et Milan), impossibilité de réserver à l’avance (les réservations ferroviaires n’ouvrent que 3 mois avant le départ contre 9 à 12 mois pour l’avion)etc..

 

En effet, les lignes ferroviaires internationales suivantes ont été supprimées ces dernières années au départ de Genève.

  • La plupart des TGV ou trains directs pour le sud ont été supprimés :  notamment Nice et Montpellier (avec correspondance pratique pour Barcelone). Il reste une liaison directe pour Marseille. Sans trains directs, l'attente est de 30 à 40 minutes à Lyon pour une correspondance.
  • Le catalan Talgo Zurich - Genève - Barcelone (train- hôtel de nuit) a été supprimé en 2012.
  • Le TGV Genève - Bruxelles a été supprimé. La situation actuelle avec un changement de gare à Paris est très pénalisante
    • Apparemment, il était rentable mais il a été supprimé car il manquait des créneaux horaires à ce moment-là entre Mâcon et Paris.
  • La liaison Genève - Londres via Lille, envisagée, une liaison directe en 5h30 était prévue, mais n’a pas vu le jour. La situation actuelle avec un changement de gare à Paris est très pénalisante.
  • Suppression du train de nuit Genève - Irrun en 2012
  • Suppression du train de nuit Genève - Rome en 2009
  • La liaison vers l’Italie s’est fortement dégradée. En effet, les liaisons directes depuis Genève / Lausanne ont diminué depuis que la ligne du Simplon a été dévalorisée et l’axe du Löstchberg Berne - Milan favorisé. Le temps de parcours a été rallongé. Le tronçon de ligne Domodossola - Brigue a d’ailleurs été repris par le BLS ce qui impose un changement obligatoire à Brigue pour l’Italie ou le Tessin (Centovalli). Les trains de Brigue pour Genève - Lausanne n’attendent pas le train de Milan, ce qui fait qu’un retard fréquent de 10 minutes ou plus du train Milan - Berne fait perdre 20 à 40 minutes à Brigue, en plus de l’attente de 30 minutes à Milan si l’on vient d’une autre ville italienne.
  • Le train de nuit (+ train autos accompagnés) Genève - Quimper a été supprimé récemment. Il était très pratique car il permettait par exemple de partir de Nantes vers 22.30 et d’arriver à Genève entre 8 et 9h le lendemain matin. Il ne reste plus que deux liaisons SNCF de nuit en France.
  • Les trains de nuit pour l’Italie ont été supprimés il y a quelque temps déjà.

 

 

  • De nombreuses destinations de nuit sont possibles depuis Zurich:  entre autres Belgrade, Berlin, Budapest, Graz, Hambourg, Prague et Vienne.
  • Une dizaine de trains de nuit sont aujourd’hui gérés par les Chemins de fer autrichiens ÖBB, qui est devenu le principal opérateurs en la matière. 
  • La Suède a décidé d'investir 5 millions d'euro dans la relance des trains de nuits (cf Le Monde du 1er avril 2019). Voir plus bas "la honte de voler".

 

Il y des difficultés à essayer de lutter contre tendance

:

  • Il y a deux régies nationales  principales (CFF et SNCF) et quatre opérateurs (Lyria, Thalis Cisalpino et Eurostar). Sans compter la SNCB (pour Bruxelles), Trenitalia pour l’Italie et la RENFE (pour Barcelone).
  • Il n’y a pas, à notre connaissance, d’organes de régulation des transports au niveau européen vers qui se tourner.
  • La tendance est à la libéralisation des transports dans l’UE.
  • Il est difficile de trouver l’interlocuteur compétent/responsable.
  • La gouvernance démocratique fait défaut aux seins des opérateurs qui agissent comme des privés, sans état d’âme ni de notion de service public, même si ce sont des filiales SNCF + CFF pour Lyria*, SNCF + SNCB pour Thallis. L’utilité sociale ou environnementale d’une liaison n’est pas prise en compte.
  • La compagnie privée Thello offre une liaison de nuit Paris - Venise via Lausanne, mais sans arrêt en Suisse

 

* voir la décision brutale de Lyria de réduire les liaisons entre Lausanne et Paris

Forum d'agglomération du Grand Genève

Le texte ci-dessus fait l'objet d'une autosaisine du CLE Conseil lémanique de l’environnement auprès du Forum d’agglomération du Grand Genève.

Pour aller plus loin

La « honte de voler » gagne du terrain parmi les Suédois soucieux du climat

Le rejet de l’avion, très émetteur de CO2, s’accroît dans le royaume

MALMÖ (SUÈDE) - correspondante Anne-Françoise Hivert  extrait Le Monde

 

Lundi 1er avril, 250 acteurs, réalisateurs et producteurs suédois ont signé une tribune dans le quotidien Dagens Nyheter, où ils exigent que l’industrie cinématographique de leur pays change ses méthodes de production. Visés : les tournages à l’étranger et les déplacements constants en avion. « Si l’industrie continue de négliger ce que le reste du monde voit comme une question critique pour l’avenir, ce n’est pas seulement le climat qui est menacé, mais également le cinéma suédois », affirment les signataires.

 

Certains d’entre eux se sont déjà engagés à réduire au maximum leurs vols. Ils ne sont pas les seuls. Début février, les programmateurs de la salle de concerts d’Helsingborg, dans le sud du royaume, ont annoncé qu’ils ne feraient plus jouer que des artistes capables de venir sans passer par les airs. Ces derniers mois, des sportifs, des politiciens, des personnalités du monde de la culture, mais aussi de nombreux anonymes ont fait le serment de ne plus prendre l’avion.

 

« Casseuse d’ambiance »

 

Provoqué par une prise de conscience personnelle ou un sentiment de culpabilité induit par des proches ou les réseaux sociaux, un mouvement émerge en Suède, qui se résume en un mot : flygskam ou la « honte de voler ». Au pays de Greta Thunberg, la collégienne qui a lancé un mouvement mondial des jeunes pour le climat, c’est simple, plus possible de faire un repas entre amis sans que la discussion ne glisse sur le climat et finisse sur l’avion.

 

Car si les Suédois font du vélo, recyclent et se chauffent au bois, ils ont bien du mal à renoncer aux vacances au soleil. Ils voyagent en avion cinq fois plus que la moyenne mondiale. Depuis 1990, leurs voyages à l’étranger ont plus que doublé et les émissions produites par leurs déplacements en avion – près de 10 millions de tonnes équivalent CO2 chaque année – correspondent désormais à celles du parc automobile du pays.

 

 

(...)

En début d’année, le compte des « Influenceurs ingénus » sur Instagram a fait polémique. Suivi par plus de 60 000 personnes, il détournait les photos de vacances postées par des célébrités sur les réseaux sociaux, en comptabilisant les émissions de CO2 générés par leurs voyages souvent subventionnés.

 

Trains de nuit

 

Cette culpabilisation aurait déjà des effets, selon une chronique publiée début mars dans le Dagens Nyheter. Non seulement les Suédois ne postent plus autant de clichés de leurs vacances lointaines sur les réseaux sociaux, mais le sujet serait presque devenu tabou, au point que l’on évite par exemple de discuter en public de son séjour « en Thaïlande ».

 

(...)

 

 

Reste que, si les vols domestiques des Suédois ont baissé de 3 % en 2018 au profit du train, leurs vols internationaux ont augmenté de 2 %.

Le 31 mars, le gouvernement composé des Verts et des sociaux-démocrates a annoncé qu’il allait débloquer 50 millions de couronnes (près de 5 millions d’euros) pour financer des trains de nuit vers plusieurs grandes villes européennes et offrir une alternative à l’avion.