Favoriser l’agriculture de proximité

Extrait du Livre vert CLE-CEST

En rapport avec la crise écologique, la question de la souveraineté alimentaire devient une préoccupation, d'autant que la PA se veut une projection vers les 25/30 ans à venir. Il ne s'agit pas seulement de loger et de fournir des emplois aux habitants, il faut encore pouvoir assurer leur alimentation. Dans ce domaine, on sait que notre agglomération, comme bien d'autres, est dépendante de "l'extérieur" pour son approvisionnement.

 

À Genève, nourrir la population est même une préoccupation historique. Elle n'a pas échappé à ceux qui ont négocié les frontières du Canton, au début du 19e siècle, quand ils ont créé les "zones franches" côté Savoie et côté France. Au cours de la seconde guerre mondiale, la Suisse a mis en œuvre le "Plan Wahlen" pour assurer l'approvisionnement du pays, plan dans lequel Genève était impliqué. Plus récemment, en 1989, la Suisse s'est dotée d'une "Ordonnance sur l'aménagement du territoire" et d'un "Arrêté fédéral" en 1992. Ces textes fixent les lignes directrices pour assurer au pays une base suffisante d'approvisionnement dans l'hypothèse où le ravitaillement serait perturbé. Selon ces textes, un plan sectoriel d'assolement a été élaboré. Ainsi, la surface minimale d'assolement est de 438'560 ha pour le pays. Un quota minimum a été fixé à chaque canton. À Genève, il est de 8'400 ha.


À notre connaissance, il n'existe pas de réglementation semblable en France. Selon une étude du professeur S. Erkman de l'EPFL, il faut 2'500 m2 pour nourrir une personne. Autrement dit, un hectare peut nourrir 4 personnes. Selon l'OCSTAT, en 2007, la surface agricole utile du Canton de Genève est de 10'289 ha, auxquels sont ajoutés 1'174 ha cultivés en France voisine, soit un total de 11'463 ha. Ainsi, l'agriculture genevoise pourrait nourrir près de 46'000 personnes, soit 10 % de la population du canton (453'439 habitants à la fin de 2008). Même si certains de ces chiffres restent indicatifs, ils mettent en lumière le haut niveau de dépendance alimentaire de Genève. À cette dépendance à l'égard des produits, il faut ajouter celle concernant les moyens de production (engrais, machines, carburant).


Pour l'agglomération, qui compte maintenant 860'000 habitants, la surface agricole utile devrait être de 215'000 ha pour assurer sa pleine souveraineté alimentaire. En fait, qu'en est-il ? Il serait intéressant de connaître la situation pour les parties vaudoise et française de l'agglomération afin d'avoir une vue d'ensemble, même si la notion de "proximité" est relative.

L'hypothèse d'un approvisionnement perturbé n'est pas à écarter si les distances de transports devaient se réduire au minimum. Le principe de précaution mérite d'être appliqué dans ce domaine. Pour cela, il convient de veiller à ne pas réduire la surface agricole utile.